LIVRAISONS. Festival de la revue -  4ème édition

DU 26 au 29 avril 2018 - 4 jours, 4 lieux à Lyon

Musée des Beaux-Arts - Bibliothèque de la Part-Dieu 
Musée d'Art contemporain - Le Périscope

 

LECTURES / SPECTACLE / DIALOGUES / CONFERENCES / PERFORMANCES / CARTES BLANCHES

ESPACE LIBRAIRIE : "LE PLAISIR DU TEXTE" - NEUF ET OCCASION - FABRICE SIVIGNON

 

 

L’essor des techniques numériques a considérablement bouleversé l’accès du citoyen au savoir et a modifié en profondeur ses façons de s’informer et de débattre. Le réseau induit de nouvelles formes de communication, ultra rapides, et une circulation horizontale des idées, rhizomique. Dans ce nouveau contexte, qui donne l’apparence d’un accroissement des principes démocratiques, les géants du Web, incarnés par les GAFA, mènent un combat agressif pour gérer les données personnelles des utilisateurs d’Internet, et perfectionnent des algorithmes hiérarchisant les données selon des critères d’audience et donc de monétisation. En parallèle, les revues, situées dans une économie et un écosystème spécifiques, résistent bien à cette vague numérique, d’où leur légitimité accrue. Celles qui ont fait le choix de la dématérialisation ont su trouver des niches au sein d’Internet pour échapper à la normalisation, et font preuve d’une remarquable inventivité. Quant aux revues qui continuent à publier des livraisons papier - elles n’ont jamais été aussi nombreuses qu’aujourd’hui -, elles défendent un autre rapport au temps, prennent du recul, adoptent une distance critique : ce sont des plateformes d’élaboration de la pensée et de la création qui répondent à une attente.

En 2018, le Festival de la revue se déploie à nouveau dans quatre lieux culturels complémentaires, représentatifs du large spectre thématique et disciplinaire abordé par les revues - littératures, arts, sciences humaines et sociales -, ainsi que de leur caractère hybride et singulier, puis de leurs qualités intellectuelles et visuelles : le Musée des Beaux-Arts, la Bibliothèque municipale, le Musée d’Art contemporain et le Périscope. Qu’elles soient spécialisées ou transversales, expérimentales ou historiques, collectives ou uninominales, aux titres programmatiques ou énigmatiques, toutes se vouent à l’approfondissement, à l’exploration et à la médiation. De Mai 1968 à Arte Radio, de Marcelin Pleynet à Nathalie Quintane, des musiques contemporaines à l’histoire de Souffles, cette 4e édition réserve de beaux moments de partage et d’échange en compagnie des revues.  


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Jeudi 26 avril – Musée des Beaux-Arts

 

 

19h30 SOIRÉE D’INAUGURATION

Marcelin Pleynet : Le plus court chemin de Tel Quel à L’Infini

Dialogue avec Pascal Boulanger et lectures d’Anne Alvaro

 

 

MARCELIN PLEYNET A ETE CONTRAINT D'ANNULER SON DEPLACEMENT A LYON MAIS LA RENCONTRE EN COMPAGNIE DE PASCAL BOULANGER ET ANNE ALVARO EST MAINTENUE

 

Le plus court chemin de Tel Quel à L’Infini : tel est le titre de l’un des neuf volumes, publié en 1997, du Journal littéraire de Marcelin Pleynet. Il a participé à l’aventure de deux grandes revues, l’une décisive pour l’histoire littéraire, Tel Quel (94 numéros de 1960 à 1982), la seconde encore active, L’Infini (142 numéros de 1983 à aujourd’hui), suivies de deux collections éponymes considérables (« Tel Quel », 73 titres, et « L’Infini », 224 titres). D’une part, L’Infini s’est opposée à Tel Quel en renonçant au projet révolutionnaire dont la revue se réclamait au temps du structuralisme, de l’écriture textuelle et du matérialisme sémantique. Mais par ailleurs, par ce renoncement même, L’Infini rend possible la reprise, la relève de ce même projet – poétique, philosophique et politique – sous la forme nouvelle qu’appelle l’époque actuelle. Quant aux relations entre revue et collection, elles ont établi un modèle sans doute assez unique dans le champ de la littérature contemporaine. Héritier de Rimbaud et de Lautréamont, auxquels il a consacré des études, Marcelin Pleynet a été l’un des premiers écrivains à être publiés dans ces deux collections, avec Provisoires Amants des nègres, son premier recueil poétique, en 1962, Paysages en deux suivi de Les Lignes de la prose, en 1963, et avec Fragments du choeur – vers et proses, en 1984. Poète, romancier, diariste, essayiste et critique d’art, il a confié de très nombreuses contributions à des dizaines de revues tout au long de ces soixante dernières années. Ce dialogue permettra de retracer sa trajectoire littéraire et intellectuelle en compagnie des revues, depuis l’expérience d’Écrire à la fin des années 1950, et de parcourir sa très riche bibliographie avec, en toile de fond, le « dégagement rêvé » rimbaldien. Le Musée des Beaux-Arts est un écrin adéquat pour écouter ce critique engagé, proche de Support-Surface, qui favorisa le dialogue entre l’art américain et européen, auteur de L’Enseignement de la peinture (1971), d’Art et Littérature (1977), de Situation de l’art moderne : Paris-New York (1978), et de Les États-Unis de la peinture (1986). 

 

 

 

Marcelin Pleynet (1933) a publié une quinzaine de recueils de poésie, de multiples essais sur l’art et la littérature, six romans et neuf volumes de son Journal littéraire. Il a été directeur gérant et secrétaire de rédaction de Tel Quel de 1963 à 1982 (éditée par le Seuil). Il est devenu en 1983 secrétaire de rédaction de L’Infini dirigée par Philippe Sollers (publiée par Denoël, puis par Gallimard). Il a occupé la chaire d’esthétique de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris de 1987 à 1998 ; les éditions de l’École ont d’ailleurs publié en 2012 ses Essais et conférences. Art Press a édité en 2017, dans sa collection « Les grands entretiens », une dizaine d’entretiens donnés à la revue entre 1973 et 2005. En 2008, il a co-signé avec Florence D. Lambert un film consacré à sa vie et à son oeuvre, Vita Nova. La lecture de son Journal littéraire prouve, comme il le dit lui-même, que la vie d’un écrivain n’est jamais riche que de malentendus.


Pascal Boulanger est poète et critique littéraire. Il a coordonné le numéro 9/10 de la revue La Polygraphe (octobre 1999) consacré, en partie, à Marcelin Pleynet. Il s’est entretenu avec lui au sujet de Rimbaud dans le magazine artpress en 2005 (n° 312) et il lui a consacré un long article : « Pleynet en son temps » dans le numéro de la revue Faire Part intitulé « Itinéraires de Marcelin Pleynet » en 2012 (n° 30/31). Pascal Boulanger a collaboré à de nombreuses revues dont Action poétique, Art Press, CCP, Europe, La Polygraphe... Derniers livres publiés : Confiteor : carnets (Librairie éditions Tituli), Guerre perdue (éditions Passage d’encres), et Mourir ne me suffit pas (éditions de Corlevour). Les éditions Tinbad publieront en octobre prochain une anthologie critique de ses recueils poétiques.


La comédienne Anne Alvaro a travaillé avec les plus grands metteurs en scène, d’André Engel à Bob Wilson en passant par Alain Françon et Georges Lavaudant. Elle fait sa première apparition à l’écran dans le Danton d’Andrzej Wajda en 1982, et joue dans plusieurs films de Raoul Ruiz, dans Le Goût des autres d’Agnès Jaoui, Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel. Elle a récemment joué dans la pièce de Bernard‑Marie Koltès, Dans la solitude des champs de coton, dans La Source des saints de John Millington Synge et dans Les Bacchantes d’Euripide.

 

 

 

VENDREDI 27 AVRIL

 

Vendredi 27 avril – Bibliothèque de la Part-Dieu

 

 

14h LECTURES

Mai 68 en revues

Contextualisation par Gérard Roche,
Lectures par Julie Tarnat et Angélique Heller, comédiennes

 

Cette lecture emprunte son titre à la recension de textes écrits « à chaud » qu’a publiée Caroline Hoctan aux éditions de l’Imec (2008). Elle se compose d’un choix d’auteurs de toutes les sensibilités socio-politiques ayant contribué à des revues culturelles, littéraires et d’idées. Mais les événements ont aussi inspiré des poèmes, tel « L’irréversible » de Jacques Dupin donné à la revue L’Éphémère. Et comme le Festival se déroule à Lyon, c’est un récit du Mai 68 lyonnais par l’historienne Michelle Zancarini-Fournel, et publié en 2008 dans 4810, Cultures et Sociétés en Rhône-Alpes, qui clôt la séquence. 

 

Gérard Roche est président de l’Association des amis de Benjamin Péret et directeur des Cahiers Benjamin Péret. Il est membre de Livraisons - Festival de la revue.


Julie Tarnat a été formée aux conservatoires d’Avignon (avec Pascal Papini) et de Lyon (avec Philippe Sire). Elle est comédienne, metteuse en scène, chanteuse et enseignante. Elle a joué dans Le Prix Martin de Labiche (mise en scène de Bruno Boëglin) et dans Un bureau en forêt de Henri-Alexis Baatsch.

Angélique Heller est comédienne. Elle a collaboré de 2005 à 2015 avec Nino d’Introna au TNG (Lyon) et travaille désormais avec de nombreuses compagnies lyonnaises. Elle a joué dans une adaptation pour le théâtre de La Cote 400 de Sophie Divry (mise en scène Pierre Heitz).

 

 

15h CARTE BLANCHE

Conférence

avec Christophe Carraud et Pascal Riou

 

« Le plus fructueux et naturel exercice de notre esprit, c’est à mon gré la conférence… La cause de la vérité devrait être la cause commune… » Cette citation de Montaigne, qui figure sur les couvertures de la revue, situe l’ambition de cette remarquable entreprise éditoriale, active depuis 1995 (45 livraisons), qui s’est imposée comme l’une des plus exigeantes de l’édition française. La revue paraît deux fois par an et propose une ample réflexion sur le temps présent ainsi qu’un dialogue entre les esprits, les langues et les époques. Chaque volume, imprimé sur papier bible, rassemble un cahier thématique, un choix poétique et littéraire, des traductions, des inédits du XXe siècle, des essais de sciences politiques et des cahiers d’images. Cette carte blanche est consacrée à la notion de « divertissement » sur laquelle Conférence s’est penchée dans trois numéros en 2016 et 2017 (nos 42, 43 et 44).

 

Christophe Carraud a créé avec Didier Laroque la revue Conférence, dont il est le directeur. Traducteur de l’italien et spécialiste de Pétrarque, il dirige également la maison d’édition qui, depuis 2010, est adossée à la revue. Il a, entre autres, permis aux lecteurs français de découvrir l’oeuvre remarquable de l’écrivain et juriste italien Piero Calamandrei (traduction et édition).

Pascal Riou, écrivain, poète, professeur de littérature en classes préparatoires, est directeur adjoint de Conférence. Il a publié une dizaine de livres chez Cheyne éditeur et y a co-dirigé la collection « D’une voix l’autre ».

 

 

17h PANORAMA

Les revues marocaines et la légendaire revue Souffles (1966-1973)

par Touriya Fili-Tullon

 

La revue marocaine Souffles a formulé, par sa réflexion culturelle avant-gardiste et par son engagement politique, un projet pour un autre Maroc. Créée à Rabat par un petit groupe de poètes d’expression française (dont Abdellatif Laâbi et Mostafa Nissabouri), elle a porté un véritable mouvement intellectuel. De revue littéraire, elle est devenue tribune politique, jusqu’à l’arrestation de ses fondateurs. D’autres revues marocaines actuelles ou passées ont tenté ou tentent de prendre la relève.

 

Touriya Fili-Tullon est Maître de conférences à l’université Lumière-Lyon 2. Les littératures francophones et arabophones du Maghreb et du Machrek, les littératures diasporiques sont ses domaines de recherche. Elle a co-dirigé l’ouvrage Écrire l’inattendu : les « Printemps arabes » entre fictions et histoire (L’Harmattan, 2015).

 

 

18h SPECTACLE

24

par Ilène Grange, Renaud Bechet, Pierre Damien Traverso (Collectif de l’Âtre)

 

24 raconte la genèse de la revue Souffles, les 24 heures qui ont précédé la parution du premier numéro, ses débuts. Le Collectif de l’Âtre, sous la conduite d’Ilène Grange, s’est appuyé sur les témoignages de ses fondateurs et de leur entourage, a travaillé sur les textes de la revue, et s’est inspiré du contexte socio-politique, des ambiances, des énergies entourant la création de la revue. Ce spectacle, dont le procédé de création repose sur l’écriture de plateau et des canevas improvisés, est une réflexion sur la liberté d’expression et la liberté de la presse toujours menacées dans le monde arabe contemporain.

 

Ilène Grange est adaptatrice, metteuse en scène, comédienne, dramaturge. Ses deux derniers spectacles sont Edges d’après W.B. Yeats et Histoires d’eaux, d’après Fabienne Kanor. Elle assure la mise en scène de 24 et dirige les comédiens Renaud Bechet et Pierre Damien Traverso.

Le Collectif de l’Âtre devient une compagnie professionnelle en 2008, à Montpellier, après y avoir créé des spectacles de théâtre universitaire depuis 2003. Il s’installe en Rhône-Alpes en 2011. Les sujets de société sont au coeur de la recherche du Collectif : les droits humains et l’égalité, la mémoire ouvrière, la mémoire des oppressions, les résistances. Ces thématiques sont abordées à partir d’un important travail d’écriture, de plateau ou d’improvisation.

 

 

Apéritif autour de la Librairie du Festival

 

 

19h30 DÉBAT CRITIQUE

Les sources intellectuelles du macronisme : l’exemple de la revue Esprit

par Olivier Mongin et Nicolas Truong

 

Qu’est-ce que le macronisme ? Comment s’est construite la pensée politique du Président Macron ? Quels philosophes, quels écrivains ont façonné sa personnalité ? En quoi la revue Esprit a-t-elle joué un rôle particulier dans la diffusion de ses contributions sur l’Europe, sur l’environnement, sur les « labyrinthes du politique », sur l’enseignement supérieur et l’avenir de la recherche ? Olivier Mongin et Nicolas Truong, qui s’étaient déjà entretenus sur ces questions dans Le Monde (26/05/2017), prendront part, un an après l’élection présidentielle, à un dialogue critique sur l’écart entre le creuset intellectuel d’une revue et l’exercice du pouvoir.

 

Olivier Mongin est écrivain, essayiste et éditeur. Il a été le directeur « un peu décalé » de la revue Esprit entre 1988 et 2012. Très tôt, Olivier Mongin a été lecteur des grandes revues qui structuraient le paysage intellectuel français, Esprit, bien sûr, Les Temps modernes, Études. Philosophiquement, il a été lui-même marqué par la figure de Paul Ricoeur dont Emmanuel Macron a été l’assistant.

Nicolas Truong est journaliste au Monde, responsable des pages « Idées-Débats » et des « Controverses du Monde » en Avignon, où il a mis en scène en 2016 la pièce de théâtre Interview. Entre autres livres, il a publié en 2015 aux éditions de l’Aube, Résistances intellectuelles : les combats de la pensée critique.

 

Esprit est une revue d’idées et de réflexions fondée en 1932 par Emmanuel Mounier. Son orientation « philocommuniste » de l’après-guerre s’est muée progressivement en un rôle de carrefour intellectuel international au sens large : Esprit souhaite étudier les évolutions du politique, de la société et de la culture, en France et dans le monde. 

 

 

 

 

Samedi 28 avril – Musée d’Art contemporain

 

De 14h à 18h ATELIERS / ANIMATIONS

Documentation et hall du musée

 

  • Bienvenue dans l’univers de Georges, revue originale et graphique pour enfants de 7 à 12 ans ! Venez prendre les manettes du magazine en créant un mini-numéro. Au programme : dessin, tampon, découpage, écriture… et tout au long de ce parcours, des découvertes sur les étapes de création de la revue. En présence de l’équipe. Parcours dès 7 ans. 

 

  • Des étudiants du lycée Édouard-Herriot proposent des animations autour de leur revue, Seuils, dont ils présentent le deuxième numéro consacré à la nuit. 

 

  • Une douzaine d’artistes proches de L’attrape-couleurs (Lyon), centre d’art attentif au médium « revue », confient les revues qu’ils lisent, qui sont leurs sources d’inspiration, auxquelles ils contribuent ou qui sont des voies d’accès à leur travail, afin de constituer un espace de consultation : une « revue-thèque » idéale de L’attrape-couleurs…

 

Les revues jeunesse Georges et Graou, éditées par Maison Georges, sont drôles, belles et joyeuses. Elles offrent aux enfants un rendez-vous exigeant et sans publicité. Mettant à l’honneur l’illustration et le graphisme, elles éveillent leurs regards, nourrissent leur curiosité naturelle et valorisent des textes et des images libérés des formatages et des stéréotypes.


Seuils est une revue étudiante de recherche et de création réalisée par une classe d’hypokhâgne du lycée Édouard-Herriot (Lyon). Ce projet implique des enseignants et l’association Livraisons. La revue mêle la littérature, la photographie, l’illustration, des approches historiques et sociologiques. 

 

 

14h CARTE BLANCHE / PERFORMANCE

Espace(s)

avec Gérard Azoulay, David Christoffel et Erik Wahl

 

Le numéro 15 de la revue Espace(s) publié en octobre dernier et intitulé « La légèreté » affronte avec brio une thématique ambivalente. Cette livraison navigue entre histoire et littérature, archives et fiction, humour et méditation ou encore expérience physique des corps et philosophie.

 

Gérard Azoulay, astrophysicien, a créé en 2000 l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire arts-sciences du Centre national d’Études spatiales. Il en est le directeur artistique, organise des manifestations et des expositions, conduit une véritable politique culturelle unique au monde. Il est le rédacteur en chef d’Espace(s).

David Christoffel est musicologue, poète et compositeur, membre du comité de rédaction d’Espace(s). Son site témoigne de la richesse de ses activités : productions radiophoniques, réalisations sonores, performances, opéras parlés, workshops, communications scientifiques, conférences…

Erik Wahl est un « poète atterré », passionné depuis l’enfance par l’astronomie, l’astrophysique et l’astronautique. Il pratique la trans(e) poésie (sonore, visuelle), a publié en revues (BoXoN, If, Java, Ouste, Espace(s), Nioques) ainsi que des articles critiques sur Sitaudis.fr et Plis mécrit chez Fidel Anthelme X (2002).

 

Éditée par le CNES, Espace(s) est une revue de création à l’avant-poste culturel de l’exploration spatiale. Avec la volonté affichée d’élaborer des expériences culturelles et d’en consigner les résultats, chaque numéro est construit autour de chapitres témoignant des différents horizons que trace l’Observatoire de l’Espace et explore un thème de l’aventure spatiale où science, histoire et création se rencontrent sur le terrain de l’imaginaire.

 

 

15h30 PERFORMANCE

RESET ! # 4 - Al Qamar / Automne 2027, une revue fictive

par Marielle Chabal

 

Pour son quatrième numéro, la revue RESET ! s’immisce, non pas au coeur d’un sujet d’actualité – comme ce fut le cas pour les trois numéros précédents – mais dans les contours de la cité d’Al Qamar, où s’est établie une expérience collective colossale. En 2023, des milliers de personnes se sont rassemblées dans cette cité aux formes exponentielles, où les nuits s’enflamment et les jours défilent dans des dispositifs communautaires entre rejet du capitalisme, négation du modèle familial, sexe, musique électronique et partage des tâches.

 

Marielle Chabal (1987) vit et travaille à Paris. Elle est diplômée de la Villa Arson (Nice) et du Post-diplôme de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Lyon. La fiction et sa capacité à participer à la construction de nos vies est au coeur de sa pratique artistique. L’écriture est le point de départ de ses projets, qui se déploient dans l’espace d’exposition selon des formes et des collaborations multiples.

 

 

16h ÉCOUTE

Un goûter d’écoute Arte Radio

programmé par Silvain Gire

 

Arte Radio se présente sous la forme d’un magazine proposant chaque semaine de nouveaux courts-métrages radiophoniques (reportages, documentaires, fictions, pièces de poésie sonore, chroniques…). Ces créations (plus de 2000 sons en ligne) utilisent les ressources de l’écriture sonore, sans musique, ni commentaires, mais avec un travail exigeant sur la qualité de la prise de son, du montage et du mixage. Leur durée peut varier de quelques secondes à presque une heure. Le site d’Arte Radio propose également des articles sur l’actualité de la création radiophonique et des arts du son.

 

Silvain Gire est le co-fondateur et le directeur éditorial d’Arte Radio. En 2002, lors de sa création, il a demandé et obtenu carte blanche de Jérôme Clément, alors directeur d’Arte. Il voulait et veut toujours faire « écouter le monde et les vies qu’on y mène » à travers des récits étonnants, « des reportages, témoignages et bruits pas sages ». 

 

 

17h30 TABLE RONDE

Les relations entre les pouvoirs (politiques, financiers, industriels) et la culture : une lecture transversale de la revue Le Crieur

avec Bernard Hasquenoph et Antoine Pecqueur, conduite par Jean-Pierre Saez

 

Dans la déclaration d’intention commune qu’ils ont rédigée pour le premier numéro du Crieur Hugues Jallon et Edwy Plenel écrivaient : « Les idées et la culture ne planent pas au-dessus de nos têtes, elles s’incarnent, elles vivent dans des institutions qui ne sont pas à l’abri des enjeux de pouvoir, d’argent, de réseaux et d’une certaine tendance à cultiver l’entre-soi ». Ainsi, par exemple, dans son n° 7, Le Crieur a enquêté sur la plus grosse institution française consacrée à l’art moderne, le Centre Georges-Pompidou, en essayant de comprendre comment les logiques de gestion néolibérales ont perturbé les ambitions qui avaient initialement présidé à sa création. Dans son n° 9, Le Crieur décrit une Russie où la culture est devenue l’un des terrains d’action favoris du régime et de l’Église. La culture made in Bolloré, l’asservissement de la culture à Dubaï ou au Quatar, ou encore la question du soft power seront les principales pierres d’achoppement de ce débat.

 

Bernard Hasquenoph est journaliste. Il a lancé le blog « Louvre pour tous ». Il a enquêté sur les dérives marchandes des musées et sur la remise en cause progressive de la notion de service public. Il est l’auteur du livre-enquête Ahae, mécène gangster consacré à un riche homme d’affaires coréen, mécène du château de Versailles et du Louvre mêlé à plusieurs scandales…

Antoine Pecqueur tient une chronique sur l’économie de la culture dans la matinale de France Musique. Il est réacteur en chef de La Lettre du Musicien et collabore avec RFI et Mezzo. Il est l’auteur de trois livres : Les Écrans sonores de Stanley Kubrick (Point d’exclamation, 2007), Les Plus Beaux Opéras du monde (La Martinière, 2013) et Les Espaces de la musique, architecture des salles de concert et des opéras (Parenthèses, 2015). Il a écrit à quatre reprises dans Le Crieur.

Jean-Pierre Saez est directeur de l’Observatoire des Politiques culturelles (Grenoble) et responsable de la revue L’Observatoire.

 

La Revue du Crieur a pour sous-titre « Enquêtes sur les idées et la culture ». Elle a été fondée en 2015 par Hugues Jallon, président-directeur général des éditions La Découverte, et Edwy Plenel, directeur de Médiapart. Elle paraît trois fois par an et combine articles journalistiques et articles universitaires. Joseph Confavreux en est le rédacteur en chef.

 

Apéritif autour de la Librairie du Festival

 

 

19h30 DIALOGUE

Nathalie Quintane et les revues

conduit par Philippe Roux

+ échappée avec les revues Lundimatin papier et De(s)générations

 

Les premiers livres de Nathalie Quintane, publiés entre 1997 et 2001, sont constitués d’un assemblage de proses courtes qui portent un regard humoristique et critique sur des lieux communs ou des genres littéraires. Ceux publiés à partir de 2003, en conservant cette construction, mettent en scène un arbitraire de l’intrigue et des personnages qui renvoie à la férocité de l’Histoire et des injustices sociales, un thème récurrent depuis le début de son oeuvre. En 1993, avec Stéphane Bérard et Christophe Tarkos elle a co-fondé à Marseille la revue RR, qui parodiait textes et moeurs de la poésie contemporaine. Elle a publié dans de nombreuses revues (Action poétique, Nioques, Doc(k)s, Java, Revue de littérature générale). Ce dialogue est l’occasion de reconsidérer son parcours poétique engagé à travers ses collaborations avec des revues qui dessinent une cartographie singulière de l’écriture des 30 dernières années.

 

Philippe Roux est historien des idées, rédacteur en chef de la revue De(s)générations et membre de Livraisons - Festival de la revue.

Nathalie Quintane est écrivain, poète et performeuse. Ses livres sont pour la plupart publiés aux éditions P.O.L., dont : Chaussure (1997), Formage (2003), Tomates (2010), Descente des médiums (2014) ou encore Que faire des classes moyennes ? (2016). Dernier titre paru : Ultra-Proust : une lecture de Proust, Baudelaire, Nerval (La Fabrique, 2018).


Lundimatin est un journal en ligne qui paraît chaque lundi matin depuis décembre 2014. Avec plus de 800 articles publiés et 6 millions de visites, le site a su trouver sa place dans l’espace intellectuel et subversif français. La ligne éditoriale n’en est pas moins diverse, tant dans les positions exprimées que dans les thèmes abordés : dissertations philosophiques à propos de Pokemon Go, interviews fleuves sur l’autonomie italienne, exégèses talmudiques, appels à braver l’état d’urgence, critiques de film…

 

 

 

 

Dimanche 29 avril – Le Périscope

 

14h TABLE RONDE / ÉCOUTE

Les revues musicales contemporaines : panorama et singularités

avec Samuel Aubert (Audimat), Pierre Beloüin (OpticalSound), Olivier Villepreux (Delta T), dirigée par Pierre Dugelay, directeur du Périscope.

 

Contrairement aux magazines, en prise directe avec l’actualité, les revues musicales s’inscrivent dans une temporalité longue pour mettre en relief, analyser, ou critiquer des phénomènes musicaux contemporains. Elles sont hybrides, pluridisciplinaires et ouvertes à des enjeux tant esthétiques qu’économiques ou sociaux. Quelles sont celles qui renouvellent le genre ? En quoi se distinguent-elles ? Échange et écoute autour de trois revues actuelles.

 

Samuel Aubert est le directeur-fondateur du festival Les Siestes électroniques, le co-fondateur du réseau de festivals ICAS et de la plateforme SHAPE, il est directeur de publication de la revue Audimat.

Pierre Beloüin est un artiste pluridisciplinaire, dont la pratique se trouve à la frontière des arts sonores et plastiques. Il est le fondateur d’OpticalSound.

Olivier Villepreux, musicien dans diverses formations pop-rock, journaliste (L’Équipe, Libération), auteur d’ouvrages sur la musique et le sport, et de documentaires pour la télévision, il tient le blog Contre-pied sur lemonde.fr et il est le rédacteur en chef de Delta T.

 

Audimat est une revue de critique musicale éditée par le festival Les Siestes électroniques. Elle paraît à un rythme semestriel (8 nos parus), veut rendre compte de la situation actuelle de la musique pop, l’éclairer par son histoire, se plonger méthodiquement dans l’expérience musicale et dans ce qu’elle implique sur le plan des médiations, de l’imaginaire, de la société, de la pensée, des affects.

Revue hybride, dédiée à l’art contemporain et aux musiques expérimentales, issue du label du même nom, OpticalSound, depuis 1997, privilégie les expériences artistiques décalées, lutte à sa manière contre la standardisation, l’allégeance de la critique à l’argent et aux médias, puise dans l’histoire de l’art, la création contemporaine mais aussi le cinéma, les sciences sociales et la littérature.

Delta T est une revue trimestrielle créée en 2016 par les éditions Anamosa, et composée de sujets inédits, écrits par des musiciens, des ingénieurs du son, des producteurs, des gens de radio, des fabricants d’instruments, des artistes. Mais aussi, parfois, par des universitaires et des essayistes. Il s’agit de fouiller la mécanique de création et les interrogations des musiciens sur notre société ou d’étoffer l’écoute d’un disque en livrant des informations sur son élaboration.

 

 

16h CONFÉRENCE

Une brève histoire des revues d’un seul

par Éric Dussert

+ échappée sur La Dernière Mode de Mallarmé
par Marie Tétu, chercheuse, écrivain, traductrice

 

L’idée de revue sous-entend l’idée d’un collectif animé par une complicité intellectuelle, culturelle, artistique. Pourtant quelques auteurs et écrivains au fil du temps se sont lancés absolument seuls dans l’aventure : le bibliophile Jacob, Henri Rochefort, Maurice Barrès, René-Louis Doyon, Daniel Defoe, Gustave-Arthur Dassonville, etc. Éric Dussert les situe historiquement et s’attarde sur quelques cas remarquables.

Les huit numéros de l’éphémère revue de Stéphane Mallarmé, La Dernière Mode, entièrement rédigés par le poète, et signés de divers pseudonymes, souvent féminins, réunissent des articles sur la mode, les bijoux, le jardinage… Marie Tétu propose un aperçu de cette part peu connue de l’oeuvre de Mallarmé.

 

Éric Dussert se consacre à la lecture et à la réédition d’oeuvres négligées. Dernières publications : Les 1001 Vies des livres (Librairie Vuibert, 2014) ; Une forêt cachée. 156 portraits d’écrivains oubliés, (La Table ronde, 2013). Il collabore ou a collaboré à Europe, Le Serpent à plumes, Le Magazine littéraire, La Quinzaine littéraire, Les Lettres françaises… et il tient une rubrique dans Le Matricule des anges (« Les égarés les oubliés »). Il a publié « Les Revues d’un seul ou L’apothéose des fortes têtes » dans La Revue des revues (n° 56, 2016).

 

 

17h CARTE BLANCHE / LECTURES

Carte blanche au cipM : CHATEAUX, Collwood Villa, Slot (Suède), La Tête et les Cornes (France)

avec Martin Högström, Peter Thörneby, Maël Guesdon et Marie de Quatrebarbes, sous la conduite de David Lespiau.

 

À l’invitation de David Lespiau, dans le cadre d’une carte blanche confiée au cipM de Marseille, Peter Thörneby et Martin Högström présentent la maison d’édition Chateaux qu’ils co-dirigent avec Beata Berggren depuis sa création en 2012. Puis Maël Guesdon et Marie de Quatrebarbes présentent La Tête et les Cornes. Le dialogue portera sur la question de la traduction et les temps de lecture éclaireront les cousinages de ces revues transnationales.

 

Martin Högström est poète, traducteur, graphiste, co-éditeur des éditions Chateaux. Il a traduit en suédois David Antin, Dennis Cooper, Jean‑Marie Gleize, Claude Royet-Journoud. Nombreux textes publiés en anthologies et en revues, notamment en Suède et en France (Nioques, L’Usage, Grumeaux, La Tête et les Cornes, Le Cahier du Refuge, remue.net, Muscle).

Poète, traducteur et éditeur, Peter Thörneby a été formé à la Konstfack University of Arts. Il enseigne l’écriture et l’édition en école d’art et co-dirige les éditions Chateaux. En France, il a publié dans La Tête et les Cornes et L’Usage.

Maël Guesdon est notamment l’auteur de Voire (José Corti, 2015). Docteur en philosophie et sciences sociales, il enseigne à l’École supérieure des Beaux-Arts de Bordeaux. Il a contribué à Diacritik, Muscle, Ce qui secret, La Vie manifeste, Chimères, remue.net.

Marie de Quatrebarbes est poète et performeuse. Elle est l’auteur de Gommage de tête (Éric Pesty Éditeur, 2017), La Vie moins une minute et Les Pères fouettards me hantent toujours (Lanskine, 2014 et 2012). Elle a édité l’oeuvre poétique de Michel Couturier en 2016. À paraître : John Wayne est sous mon lit (CipM / Spectres Familiers).

David Lespiau, poète, traducteur, critique, est directeur par intérim et programmateur du cipM. Il a co-dirigé la revue Issue (2002-2005). Il a publié Poudre de la poudre (Le Bleu du ciel, 2014) et Récupération du sommeil (Héros-Limite, 2016). Dernier livre publié : équilibre libellule niveau chez P.O.L. (2017).

 

 

Outre des livres de poésie, la maison d’édition Chateaux publie la revue CHATEAUX, consacrée à la poésie inédite et/ou traduite, composée au plomb et imprimée dans l’atelier des éditions à Stockholm. Chaque numéro est accompagné par le supplément critique Collwood Villa. Ils paraissent deux fois par an. Entre 2013 et 2017, Chateaux a publié la revue mensuelle de poésie Slot - dont un numéro paraissait en français à l’automne. Les trois livraisons de Slot ont été confiées à Claude Royet-Journoud, Luc Bénazet et Victoria Xardel.

La Tête et les Cornes est une revue de poésie et de traduction créée en 2014 par Marie de Quatrebarbes, Maël Guesdon et Benoît Berthelier. La revue a consacré un dossier à la poésie contemporaine coréenne et confié une carte blanche à la revue Slot. Elle publie des textes d’auteurs norvégiens, autrichiens, roumains, américains ou canadiens. En 2017, Yohanna My Nguyen rejoint la rédaction et participe à la conception d’un numéro « Alain Cavalier ». La Tête et les Cornes a publié des textes de Martin Högström et Peter Thörneby.

 

 

 

18h30 APÉRITIF DE CLÔTURE

Lancement du deuxième numéro de la revue arapesh

 

arapesh est une revue de poésie gratuite, multiculturelle et plurilingue. Elle comprendra à terme 10 numéros, elle est tirée à 400 exemplaires.

 

 

 

 

Informations pratiques


Musée des Beaux-Arts 20 place des Terreaux 69001 Lyon

> Métro A, arrêt Hôtel de Ville


Bibliothèque de la Part-Dieu 30 bd Vivier-Merle 69003 Lyon

> Tramway T1, bus C3, métro B, arrêt Part-Dieu


Musée d’Art contemporain Cité internationale 81 quai Charles-de-Gaulle 69006 Lyon

> Bus C1, C4, C5


Périscope 13 rue Delandine 69002 Lyon

> Tramway T1, T2, métro A, arrêt Perrache

 

Entrée libre et gratuite

 

 

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